Le Ciel, la Terre et la Mer.
De l'eau, du froment écrasé, un rien de sel.
Simples les ingrédients.
Simple la recette de la pâte à pain.
Pour que le miracle ait lieu le feu est nécessaire.
Le tour de main du boulanger préside aux noces de la farine et du levain.
Rien n'a changé depuis le 18e siècle et pourtant tout est différent.
La machine s'est substituée à l'homme.
Adieu la beauté du geste et dur le métier d'alors.
Le
fournil
était
l'univers
du
boulanger
qui
passait
quinze
heures
par
jour
sans
interruption
du 1er janvier au 31 décembre pour du pain frais chaque jour !
De
l'Antiquité
jusqu'au
8ème
siècle
les
recettes
de
fabrication
se
transmettaient
oralement.
Jusqu'aujourd'hui
elles
n'ont
pas
connu
de
modifications
d'importance,
du
moins
chez
les
boulangers traditionnels.
Tout commence par la confection du levain.
Une préparation en trois temps.
Le
"chef"
obtenu
à
partir
d'un
peu
de
pâte
de
la
fournée
précédente
à
laquelle
on
incorpore un peu de farine et d'eau.
Vient ensuite le levain qui peut représenter jusqu'au tiers du volume final.
Ce levain est émietté et mélangé à de l'eau salée avant d'être incorporé à la farine.
Ensuite,
le
pétrissage
s'effectue
en
plusieurs
étapes
dont
la
plus
pénible,
le
soufflage,
consiste
à
battre
la
pâte
en
l'étirant
et
en
la
laissant
retomber
brutalement
afin
d'y
introduire de l'air.
Dès
que
la
pâte
est
prête,
elle
est
divisée
en
pâtons
qui
sont
alors
disposés
dans
des
bannetons, sorte de corbeilles en osiers garnies de toiles.
Jusqu'au
règne
de
Philippe-Auguste
les
boulangers
étaient
contraints
de
cuire
au
four
banal et de payer une redevance au seigneur propriétaire.
C'est Saint-Louis qui affranchira les villes de la banalité des fours.
Le
brigadier,
celui
qui
"gouverne
l'ouvrage",
ou
le
patron
lui-même
assurent
le
chauffage
du four et l'enfournement.
Chaque
four
possède
ses
particularités
propres
et
la
répartition
des
fagots
qui
y
seront
enflammés conditionne la bonne température à la fois de la voûte et de la sole.
Au
fur
et
à
mesure
de
la
combustion
les
braises
sont
réparties
avant
d'être
retirées
à
l'aide d'une racle pour être éteintes un étouffoir.
Les dernières restantes à la périphérie du four sont ramenées vers la gueule.
La température est vérifiée en jetant de la farine sur la sole.
Toujours la même quantité, toujours au même endroit.
La rapidité de son brunissement détermine du bon moment de l'enfournement.
L'important est de placer le plus de pains possible en évitant qu'ils ne se touchent.
Les
pâtons
sont
retournés
sur
la
pelle
et
mis
à
cuire
après
avoir
été
incisés
à
l'aide
de
la
grigne.
Un mouvement sec, un à un ils s'allongent sans dommage sur la sole.