Le
fondateur
du
"Regnum
Francorum"
(royaume
des
Francs),
Clovis
n'a
jamais
porté
le
titre
de
"roi
des
Francs",
qui
sera
celui
de
ses
successeurs
jusqu'au
milieu
du
XIIIe
siècle.
Clovis
est
simplement
le
roi,
Chlodovecus
Rex,
et
les
Francs,
surtout
installés
au
nord
de
la
Seine,
ne
représentent
qu'une
minorité
en
Gaule,
sans
doute
moins
de
2
%
de
la
population. Beaucoup d'incertitudes planent sur le règne de Clovis.
La seule date qui ne soit pas sujette à caution est celle de sa mort, le 27 novembre 511.
Il aurait commencé à régner en 481, à l'âge de 15 ans.
Son
nom,
"Clovis",
donnera
celui
de
"Louis",
repris
par
la
suite
par
de
nombreux
monarques régnant sur la France.
C'est
vers
481,
que
Clovis
est
porté
sur
le
pavois
et
acclamé
par
une
partie
des
Francs
Saliens.
"Roi
chevelu",
il
détient
la
puissance
magique
du
chef
guerrier,
(le
mund),
garanti
par
le
port symbolique des cheveux longs.
Son nom, "Chlodovecus", est lui-même une sorte de totem.
Il signifie "combat de gloire".
Clovis
hérite
de
son
père,
Childéric,
(lui-même
fils
de
Mérovée,
qui
a
donné
son
nom
à
la
dynastie
des
Mérovingiens),
un
petit
royaume
salien
constitué
en
Belgique
actuelle,
autour de Tournai.
Les
Francs,
qui
se
divisent
en
Francs
saliens
et
en
Francs
rhénans,
sont
installés
depuis le IIIème siècle au bord de la mer du Nord.
Se
voulant
"franc",
c'est-à-dire
libre
de
toute
domination,
y
compris
celle
des
Romains,
cet
essaim
de
tribus
s'est
peu
à
peu
romanisé
par
le
biais
du
service
militaire,
avant
d'être fédéré à l'empire au Vème siècle.
La
tombe
de
Childéric
(436-481),
à
la
fois
franque
et
romaine
par
certains
aspects,
marque bien le mélange des influences.
Allié avec les Francs rhénans, il épouse une princesse rhénane,
Clovis se lance dans une politique d'expansion territoriale vers le sud.
Premier
adversaire
:
Syagrius
(430-487),
général
romain
barbarisé
qui
domine
la
région
entre Somme et Loire.
Clovis vainc Syagrius sans doute dès 486, près de Soissons.
Le
partage
du
butin
donne
lieu
à
l'épisode
du
"vase
de
Soissons",
raconté
par
Grégoire
de Tours (538-594).
Clovis s'attaque ensuite aux Alamans.
Il remporte la bataille de Tolbiac.
Désormais
maître
du
bassin
parisien
jusqu'à
la
Loire,
il
se
tourne
vers
les
royaumes
du
Midi.
Si
la
tentative
d'invasion
du
royaume
burgonde
en
500-501
est
un
échec
et
se
solde
finalement
par
la
conclusion
d'une
alliance
plutôt
que
par
une
soumission,
Clovis
écrase
les
Wisigoths,
tue
leur
roi
à
Vouillé
en
507,
s'empare
de
Toulouse
et
de
Bordeaux,
avant
que
Théodoric
(455-526)
ne
mette
un
point
d'arrêt
à
l'expansion
franque
et
ne
reprenne
la Septimanie (le Bas-Languedoc) et la Provence.
Clovis est alors au sommet de sa gloire.
De
retour
d'Aquitaine,
il
reçoit
de
l'empereur
romain
d'Orient
Anastase
1er
(430-518)
les
insignes consulaires qui assurent la légitimité de son pouvoir en Gaule.
C'est en véritable triomphateur, à la manière antique, qu'il pénètre dans la cité de Tours.
Il est littéralement acclamé par le peuple comme consul et patrice.
En 509, il est élevé sur le pavois par les Francs rhénans.
Il est désormais le roi de tous les Francs.