Pendant
notre
parcours
dans
le
"Château
Renaissance",
le
grand
peintre
"Le
Primatice"
nous
invite à rejoindre la salle de bal en présence du Roi François 1er et la Reine Eléonore.....
Mais qui est la Reine Eléonore d'Autriche (1498-1558) ?
Cette princesse connut dès l'enfance une situation familiale tragique.
Elle
n'avait
pas
encore
8
ans
lorsque
son
père
l'archiduc
d'Autriche,
Philippe
1er
Le
Beau
(1478-1506), mourut.
Sa
mère,
la
reine
de
Castille,
Jeanne
1er
(1479-1555),
en
perdit
la
raison
et
l'histoire
la
retient
comme "Jeanne la Folle".
Eléonore allait désormais, dépendre de son frère, le futur Charles-Quint (1500-1558).
Ce frère n'avait qu'un seul désir : dominer l'Europe...
Et tout lui était bon pour réussir dans son dessein... même utiliser sa sœur.
Elle était belle, élégante et avait une magnifique chevelure blonde.
Alors pourquoi ne pas se servir d'elle pour mener des unions politiques avantageuses ?
C'est ainsi qu'Eléonore se trouva fiancée au roi du Portugal, Manuel 1er (1469-1521).
Elle avait 20 ans et lui 50.
Il était laid à faire fuir tous les diables de l'enfer, bossu et alcoolique...
Elle dut l'épouser et lui donner 2 enfants qui ne survécurent pas.
Enfin, le bel époux mourut et elle fut veuve.
En 1521, à 23 ans, elle revint vivre à la cour de son frère.
Il allait pouvoir disposer d'elle à nouveau ...
L'occasion
se
présenta
quelques
années
plus
tard
avec
la
mort
de
Claude
de
France
(1499-
1524), première épouse de François 1er...
Le
24
février
1525,
devant
Pavie,
en
Italie,
François
1er
(1494-1547)
roi
de
France,
fut
fait
prisonnier
par
les
troupes
de
son
mortel
ennemi,
ce
même
Charles-Quint,
empereur
d'Allemagne, roi d'Espagne, maître des Pays-Bas...
Le
roi
de
France
fut
emmené
à
Madrid,
résista
pendant
une
année
de
captivité
à
son
vainqueur
qui essayait de lui imposer un traité visant à démembrer son royaume.
Finalement, en janvier 1526, François 1er dut se résigner à signer.
La France ne pouvait rester indéfiniment sans roi ...
Le 17 mars, il franchit la Bidassoa (fleuve côtier du Pays basque).
"Je suis roi de nouveau" soupira-t-il, «mais à quel prix»... !
Il lui fallait abandonner une partie de son royaume : la Bourgogne, la Flandre et l'Artois.
Il
lui
fallait
aussi
verser
une
rançon
de
2
millions
d'écus
(4
tonnes
d'or)
et
laisser
en
otages
ses
deux fils aînés, âgés de 7 et 9 ans ...
De plus, François 1er devait s'unir à Eléonore d'Autriche.
Mais n'avait-il pas dit que pour sauver la France "il épouserait même une mule ... ".
Charmante remarque pour un roi qui se piquait de galanterie !
Notre Roi mit 4 années à réunir la rançon...
Les enfants royaux durent patienter et Eléonore aussi ...
Enfin,
le
2
juillet
1530,
la
Bidassoa
vit
l'échange
se
faire
entre
la
galère
chargée
d'or
venue
de
France et celle venue d'Espagne avec, à son bord, les petits princes et la "fiancée".
Aussitôt,
le
roi
qui
était
à
Bordeaux,
fut
informé
et
s'avança
au-devant
du
long
cortège
de
plus
de 100 personnes, 400 mulets et 30 chariots chargés d'étoffes, d'or, de pierres précieuses.
François 1er récupérait ainsi une partie de la rançon ... !
La
rencontre
et
le
mariage
eurent
lieu
le
7
août
1530
en
l'abbaye
de
Captieux,
non
loin
de
Bordeaux.
Lentement,
le
cortège
royal
remonta
jusqu'à
Fontainebleau
en
passant
par
Angoulême,
Cognac (où le roi était né), Blois et St-Germain-en-Laye.
Ce ne furent que fêtes et réjouissances en l'honneur des souverains ...
Eléonore
qui
fut
"le
plus
bel
ornement
des
fêtes
de
la
cour"
selon
son
royal
époux,
ne
joua
jamais aucun rôle politique malgré sa grande intelligence.
Pour
oublier
l'insignifiance
de
son
destin,
elle
voyagea
et
séjourna
à
Montpellier,
Avignon,
à
Marseille, à Cambrai et même à Nice ...
À
la
mort
de
François
1er,
le
31
mars
1547,
elle
partit
pour
les
Pays-Bas
(son
pays
natal)
puis
retourna en Espagne où elle mourut en 1558.
Elle repose près de Charles-Quint, ce frère qui ne vit en elle qu'une monnaie d'échange ...
Ainsi,
si
nous
reprenons
le
fil
de
nos
investigations,
nous
notons
que
François
1er
et
Eléonore
d'Autriche ont parcouru un long chemin entre Bordeaux et Fontainebleau en 1530 ...
Peut-être,
à
cette
occasion,
le
roi
chevalier
et
sa
seconde
épouse
sont-ils
venus
au
Puy
du
Fou ... ?
Est-elle aussi la "Dame du Carrosse" de la Cinéscénie ?
Ou
bien,
s'agit'il
de
Marguerite
d'Angoulême
-
Reine
Consort
de
Navarre
(1492-1549),
la
sœur
de
François
1er
car,
elle
seule,
semble
être
passée
par
Bayonne, en compagnie de son frère ...
Alors, envisageons cette autre possibilité.
De deux ans, l'aînée de François 1er, elle veilla toujours sur lui avec une tendresse toute maternelle ...
Ses dons de cœur et d'esprit fascinaient tous ceux qui l'approchaient : érudits, poètes, artistes, hommes politiques.
A 13 ans, elle parlait aussi bien l'italien et l'espagnol que le français, elle connaissait un peu de grec, de latin et d'hébreu ...
Plus tard, elle fit de sérieuses études philosophiques et théologiques.
Aux charmes de l'esprit, elle ajoutait ceux du corps.
Elle était grande, élancée, elle avait un teint éblouissant, des yeux pétillants et un sourire séducteur.
Seule ombre au tableau, elle avait le nez un peu fort !
La
"perle
de
France"
fut
mariée,
très
jeune,
à
Charles
IV
d'Alençon
(1489-1535)
qu'elle
n'aimait
pas
et
qui
mourut
en
1525,
honteux
d'avoir
provoqué
par
sa
fuite le désastre de Pavie.
Deux ans plus tard, elle épousa Henri II d'Albret, roi de Navarre (1503-1555), de 12 ans son cadet.
Bien que très éprise, elle ne fut pas heureuse.
Alors,
Marguerite
retourna
à
ses
chères
études,
écrivit
des
vers,
un
recueil
de
72
nouvelles
plutôt
lestes,
l'Heptaméron
(Dix
récits
par
jour
et
pendant
sept
jours).
Elle
s'intéressa
aussi
à
l'administration
de
son
royaume
qu'elle
légua,
fort
bien
géré,
à
sa
fille
unique
Jeanne
d'Albret
(1528-1572),
qui
sera
la
mère
d'Henri
IV (1553-1610).
La reine de Navarre mourut deux ans après son frère.
Avec elle disparaissait, dira Pierre de Ronsard (1524-1585) :
"Tout ce qu'avait notre terre d'honneur, de grâce et de beau".
L'incomparable Marguerite fut-elle la "Reine" du Puy du Fou ?
Revenons à ce 17 mars 1526, où François 1er franchit la Bidassoa, enfin libéré par son geôlier espagnol.
Le roi, après quelques lieues franchies au grand galop, atteignit Bayonne où l'attendait sa sœur tant chérie et si dévouée.
Elle
n'avait
pas
hésité,
au
péril
de
sa
propre
liberté,
à
aller
à
Madrid,
durant
l'automne
1525,
pour
tenter
de
fléchir
l'implacable
Charles-Quint
en
faveur
de
son frère.
Ensuite, Marguerite et François, triomphants, avaient regagné le château d'Amboise.
Alors, pourquoi n'auraient-ils pas fait étape au Puy du Fou ?
Il nous faut maintenant choisir parmi ces charmantes "Dames" : Eléonore, Marguerite ?
A chacun de se faire une opinion !