Dans le spectacle "Vikings" on entend :
"Oh je vous en supplie, faites sonner le tocsin, ouvrez votre chapelle, ouvrez votre donjon
et ouvrez votre cœur.
Invoquez notre saint, car ils (les Vikings) ont quitté l'île très tôt dès ce matin.
Ils viennent par la Loire, et la Sèvre, et les Mauges !
Ramant sans perdre haleine dans toutes nos rivières, au pays de Tiffauges, de
Pouzauges et d'Herbauges !
Aidez-nous à sauver notre Saint Philibert !"
On connait les villages de Tiffauges, Pouzauges.
Mais la question reste... :
Où est le pays des Herbauges ?
HERBAUGES
ne
fut
pas
une
ville,
mais
un
Pagus,
plus
tard
un
immense
Comté
qui
comprenait à peu près le territoire de l'actuel département de la Vendée.
Au
siècle
dernier,
un
enfant
de
Bazoges-en-Paillers,
ISIDORE
MASSE,
nommé
instituteur
aux
HERBIERS
en
1819
et
où
il
mourut
en
1832,
écrivit
un
ouvrage
très
romantique,
intitulé "LA VENDEE POETIQUE ET PITTORESQUE".
Affabulateur
né,
il
plaça
la
fameuse
légende
de
la
Ville
d'HERBAUGES,
ensevelie
sous
la
malédiction
de
Saint
MARTIN,
dans
les
eaux
de
l'immense
étang
qui
s'étendait
du
quartier
des PIERRES.
FORTES
au
PONT
DE
LA
VILLE,
et
dans
lequel
on
aurait
trouvé,
entre
autres
"une
maison
romaine
de
deux
étages,
avec
son
mobilier,
son
outillage,
enfoncée
dans
la
vase,
intacte, sous le cataclysme Saint-Martinien" !
Isidore
MASSE
dans
cet
ouvrage
récidive
en
situant
la
sépulture
du
mythique
MERLIN
L'ENCHANTEUR,
le
barde
breton,
aux
alentours
des
HERBIERS,
vers
MALLIEVRE,
LES
EPESSES,
sépulture
qu'un
de
nos
amis
passionné
de
préhistoire
s'acharna
en
vain,
pendant de longues années à rechercher.
Avec
cet
autre
faussaire
de
génie,
Benjamin
FILLON,
Isidore
MASSE
aurait
parfaitement
convenu comme créateur de légendes vendéennes.
Cette
légende
de
la
ville
engloutie
d'HERBAUGES,
qui
semble
copiée
sur
celle
de
SODOME
et
GOMORHE,
vit
le
jour
aux
alentours
du
Xème
siècle,
fut
transposée
aux
HERBIERS
par
Isidore
Massé
au
cours
du
XIXème
siècle
et
reprise
plus
tard
par
l'Abbé
AILLERY dans ses Chroniques Paroissiales du Diocèse de Luçon.
Ce
qui
est
certain,
c'est
qu'après
les
ravages
des
envahisseurs
Normands
qui
ruinèrent
les
Villas
Herbretaises,
et
virent
l'effondrement
de
l'Empire
Romain,
les
Comtes
du
POITOU,
vers
la
fin
du
IXème
siècle,
créèrent
une
nouvelle
noblesse
de
chevalerie
succédant
à
l'ancienne
noblesse
Gallo-Romaine,
et
placée
par
eux
aux
points
stratégiques de leur immense Comté.
Les
vicomtes
de
THOUARS
se
virent
confier
le
territoire
de
l'actuel
département
de
la
Vendée, à l'exception du Talmondais.
Sur
les
ruines
de
ces
villas
Herbretaises,
ils
placèrent
des
cadets
de
leur
famille
de
Thouars,
créant
ainsi
les
châtellenies
des
HERBIERS,
l'une
à
la
COURT
près
du
Pont
de
la Ville, l'autre à la ROCHETEMER.
De
956
à
1104,
trois
seigneurs
du
nom
d'HERBERT
ou
ARBERT
furent
vicomtes
de
THOUARS,
seigneurs
de
TIFFAUGES
et
MORTAGNE
dont
dépendaient
les
HERBIERS,
et
probablement
un
de
ces
HERBERT
donna
son
nom
à
l'agglomération
qui
s'étendait
de
chaque
côté
du
lac
Herbretais,
d'où
le
nom
cité
en
plusieurs
chartes
de
"VILLIS
DE
HERBERTIS", "VILLAS D'HERBERT".
L'un
d'eux,
Arbert
III
de
THOUARS,
prit
part
à
la
première
Croisade
et
mourut
à
JAFFA
en
1104.
Les
historiens,
qui
se
penchèrent
sur
le
passé
Herbretais,
nous
disent
qu'un
seigneur
des
HERBIERS mourut à la première Croisade.
C'est
donc
bien
Herbert
de
THOUARS
qui
fut
seigneur
des
HERBIERS
et
à
l'origine
du
nom donné à l'agglomération, en remplacement du nom gallo-romain aujourd'hui oublié.
Il était frère de Geoffroy de THOUARS, seigneur de TIFFAUGES.