Les Puy du Fou. Retour Retour
Il y a peu, je parlais de l'histoire des châteaux du Puy du Fou. Aujourd'hui, je vais essayer de vous faire découvrir une partie de la dynastie des Puy du Fou. . Renaud du Puy du Fou (1140 - ?) Renaud II du Puy du Fou (1170 - 1214) - Épouse. av. 1197 Adèle de Thouars (1174 - ?) Philippe du Puy du Fou (1200 - ?) ép. 1223 Isabelle de Parthenay (1200 -1258) Guyon du Puy du fou (1230 - ?) ép. Jeanne de Vivonne (1240 - 1273) Jean I du Puy du Fou (1265 - ?) ép. Jeanne de la Haye-Passavant (1275 - ?) Jean II du Puy du Fou (1300 - 1346) - ép. Catherine Fort (1330 - 1361) Pierre du Puy du Fou (1331 - 1408) - ép. Isabeau d'Amboise (1345 - ?) Guyon (Guy II) du Puy du Fou (1375 - 1453) - ép. Isabeau de Châteaubriand (1365 - 1410) Jacques (1405-28/7/1488) ép. 11/2/1434 Louise de la Roche (1410 - 1472) François I du Puy du Fou (1435 - ?) ép. 27/11/1455 Marguerite Harpedane de Belleville (20/7/1455 - 1491) ép. 02/01/1493 Anne Bouer (1452 - ?) François II du Puy du Fou (1495 - 1548) ép. Catherine de Laval (1499 - 1584) René I du Puy du Fou (1520 - 1566) ép. 1559 Catherine de la Rochefoucault (1528 - 1577) Gilbert du Puy du Fou (1558 - 1597) ép. 1595 Philippe de Châteaubriand (1578 - 1666) Renè II du Puy du Fou (1595 - 1642) ép.1609 Diane de la Touche Gabriel du Puy du Fou (1615 - 1659) ép. 1630 Madeleine de Bellièvre (1611 - 7/3/1696) A l'origine modeste Seigneurie, la Maison du Puy du Fou, a laissé aux Epesses les traces indélébiles de sa glorieuse ascension jusqu'au rang de Baronnie, et si l'on en croit Gabriel du Puy du Fou, ce grand domaine aurait régné sur 4 châtellenies et 360 fiefs nobles avant de sombrer dans l'oubli, et ensuite en 1977, de renaître de ses cendres en devenant un pôle d'attraction touristique mondial. Mais d'où vient ce nom et…. qui sont-ils ? On songe à quelque lieu étrange enrobé d'un puissant mystère, dont l'origine nous plongerait au cœur d'une histoire lointaine et tourmentée. Le détour toponymique nous aide à en comprendre le sens exact. La première partie du mot ne fait de doute pour personne. Le mot "puy" a des équivalents différents selon les régions. Ainsi, on dit poët dans le dauphiné, puech, puèg, pioch ou puòg en Occitanie, Puig en Catalogne... Le mot "Puy" est un nom devenu commun en France, (Puy de Dôme, Puy de Sancy, Le Puy...), et en particulier dans le Haut Bocage Vendéen (Puy Crapaud, Puy Papin, Puy Crotte...), vient du mot latin podium (terrasse, estrade, soubassement d'édifice, et par analogie, éminence, lieu élevé). Le mot "fou" qui y fut accolé prête à plus de fantaisie. Mais si l'on se rapporte à des auteurs comme Dauzat, on s'aperçoit qu'il s'agit de l'ancienne désignation du hêtre : "fagus", "fouteau","Fayard" vient du latin "fagus", donnant Fau, Fou, Le Faouet, La Fage, fouet, fouine. Le mot "hêtre" est un nom germanique apparu au XIIIe siècle. Le substantif qui le caractérise, facile à traduire désigne un arbre, plus précisément un hêtre. Un demi-siècle avant Jésus-Christ, lors de l'occupation romaine, cette colline devait être boisée. Une carte ancienne mentionne "Pagus Teifalgicus". Plusieurs hêtres devaient dominer alors le paysage ou peut-être un seul dans toute cette région qui par sa rareté, ses proportions, était considéré comme un arbre sacré. L'histoire est assez imprécise et le lieu garde encore tout son mystère. Il faut bien dire que le Château du Puy du Fou était alors le siège de légendes et d'anecdotes peu flatteuses. Mais le château du Puy du Fou est le présent lié au passé. Fort de cette interprétation, on a admis généralement que le "Puy du Fou" désignait une élévation couverte de hêtres. Dans un vieil acte de fondation trouvé dans le chartrier de ROCHETEMER en les HERBIERS, et datant du "lundi d'avant la Toussaint 1358", on trouve "Dame Catherine Dau Puy dau Fo". Mais il ne faut pas oublier que dans la langue vulgaire, mélange de Français, de Latin et de Patois, et jusqu'au siècle dernier, LE PUY DU FOU se prononçait "PIED DAU FU". LE FU désigne le Feu, Feu Sacré, le Soleil, le premier dieu adoré chaque matin sur cette colline par nos lointaines ancêtres, où s'élèvera : "LE VIEIL PUY DU FOU". Colline où devaient brûler les feux de l'ancienne Fête Gauloise du soleil, transformés par la Religion Catholique en les FEUX DE LA SAINT-JEAN. N'oublions pas que nos lointains ancêtres étaient de fervents adorateurs du "Dieu Soleil". Ce Soleil que les habitants du Bourg Bérard voyaient chaque matin se lever sur cette colline où plus tard s'élèvera le premier Puy du Fou. Le Soleil que nos ancêtres appelaient "Bel" ou "Belen", et auxquels de nombreux lieux-dits sont consacrés. N'avons-nous pas jouxtant le Puy du Fou, le lieu-dit de "Belair", lieu consacré au Dieu "Bel", le Grand Dieu Solaire. Les Irlandais lui consacraient la Fête du 1er Mai, ou "Beltaine" (Feu de Bel), et la plupart des hauts lieux lui étaient réservés. Dans la nuit du Noël chrétien, qui correspondait à la nuit du solstice d'hiver, les Gaulois allumaient des feux sur les lieux élevés en l'honneur du Dieu Soleil. Peut-être eut-il sur la colline du Vieux Puy du Fou, des feux autour desquels des danses rituelles se déroulaient toute la nuit. La nuit du 1er au 2 novembre, Fête du Feu était aussi la Fête des Défunts, les feux de la Saint-Jean. Ce culte "Solaire" a laissé des traces profondes dans les noms de lieux de notre région. Les innombrables toponymes qu'on peut trouver dans notre Haut-Bocage, sont bien en rapport avec le Soleil. Cette région du Puy du Fou, des Herbiers, est-ce "Le Pays du Soleil" ? Alors, le PUY DU FOU, Colline du Soleil, Colline du Feu ou Somme des hêtres ? Chacun peut exposer son opinion sur le sujet, mais la question reste posée ! Si le nom Puy du Fou est parvenu jusqu'à nous, c'est grâce aux ruines majestueuses d'un extraordinaire "Château Renaissance" perdu dans un fond de campagne du bocage vendéen, aux Epesses. Les propriétaires de cette splendide demeure, étaient gens connus. Mais une question s'impose. Est-ce le lieu que donna son nom aux premiers seigneurs qui en furent propriétaires ? Ou ceux-ci l'imposèrent-ils le leur à la seigneurie ? Lorsqu'on se penche sur l'étymologie du Puy du Fou, on s'aperçoit qu'il s'agit bien là d'un nom de lieu. Les lieux ont laissé trace dans l'histoire sous le nom de Seigneurs du Puy du Fou. Ces gens, de la plus authentique noblesse d'épée, se sont maintes fois illustrés au service du Roi. Mais l'éclat de leur Maison s'est surtout accru grâce aux brillantes alliances contractées avec les plus grandes familles du Royaume : les Châteaubriant, les d'Amboise, Parthenay, les Lenoncourt, les Montmorency-Laval, les La Rochefoucauld, les Lévis Mirepoix. A une époque les noms de famille se cherchaient encore, ils ont tiré le leur d'une terre située sur la commune des Epesses. Jusqu'à la fin des années 1980, et pour les premiers degrés de l'arbre, il est difficile d'établir une généalogie fiable et ce, pour plusieurs raisons : Pour chaque seigneur présenté, il est très ardu de savoir de façon certaine de qui il est le fils, et quels sont ses enfants, avec des prénoms qui reviennent souvent : Jean... Pierre... Guy... Le mode de succession en usage dans le pays, et que l'on dénomme "La Coutume du Poitou", est difficile à suivre : s'il y avait plusieurs frères, ils héritaient du nom, du titre et de la terre, les uns après les autres, et les enfants de l'aîné n'y avaient droit que par le décès du dernier de leurs oncles. Les filles n'héritaient que pour un quart, et les enfants de l'aîné n'avaient que les meubles ... Ainsi la terre restait dans la famille. Cependant quatre tables généalogiques originales, et indépendantes les unes des autres, établissent un arbre "crédible" : Celle de "Gabriel du Puy du Fou" en 1668, de "Du Paz" en 1637, de "La Flocellière" en 1654 et enfin celle de "Léran" en 1661. Le Chanoine Eugène DERIEZ, au terme d'une savante étude très précise, persiste à penser que les tables sont vraies, malgré certaines invraisemblances, tout au moins celle de Gabriel du Puy du Fou. Il note cependant qu'il est quasiment impossible de remonter la filiation d'une manière claire et parle même d'écheveau, voir de grand un écheveau que personne n'a encore pu débrouiller. Mais, à l'heure nous parlons, et grâce aux progrès informatiques et le partage de données sur internet le tout associés aux chercheurs passionnés par cette science, il est possible d'affirmer que nous pouvons établir une généalogie correcte à 99%. Avec les mémoires de Gilbert du Puy du Fou et les différents aveux, nous avons un arbre généalogique relativement fiable sur la présence des Puy du Fou en ses lieux et ce en commençant avec : Renaud du Puy du Fou (1140 - 1170). Renaud II ou René du Puy du Fou (1170 - 1214) - Épouse. av. 1197 Adèle de Thouars (1174 - 1205). Philippe du Puy du Fou (1200 - 1230) - ép. 1223 Isabelle de Parthenay (1200 -1258). Guyon du Puy du Fou (1230 - 1265) - ép. Jeanne de Vivonne (1240 - 1273). Jean I du Puy du Fou (1265 - 1305) - ép. Jeanne de la Haye-Passavant (1275 - 1305). Jean II du Puy du Fou (1300 - 1346) - ép. Catherine Fort (1330 - 1361). Pierre du Puy du Fou (1331 - 1408) - ép. Isabeau d'Amboise (1345 - ?). Guyon (Guy II) du Puy du Fou (1375 - 1453) - ép. Isabeau de Châteaubriand (1365 - 1410). Jacques (1405-28/7/1488) ép. 11/2/1434 Louise de la Roche (1410 - 1472). François I du Puy du Fou (1435 - 1527). ép. 27/11/1455 Marguerite Harpedane de Belleville (20/7/1455 - 1491). ép. 02/01/1493 Anne Bouer (1452 - ?) François II du Puy du Fou (1495 - 1548) ép. Catherine de Laval (1499 - 1584). René I du Puy du Fou (1520 - 1566) ép. 1559 Catherine de la Rochefoucault (1528 - 1577). Gilbert du Puy du Fou (1558 - 1609) ép. 1595 Philippe de Châteaubriand (1578 - 1666). René II du Puy du Fou (1595 - 1642) ép.1609 Diane de la Touche (1557-1617). Gabriel du Puy du Fou (1615 - 1659) ép. 1630 Madeleine de Bellièvre (1611 - 7/3/1696). A ce stade, nous sommes partis avec Renaud 1er du Puy du Fou…. Mais d'où vient-il ? Qui sont ses parents et quelles sont les différentes alliances familiales le précédent ? Après de longues recherches, je suis remonté jusque Renaud de Mortagne (né en 905). Dans ses filiations, on remarque un dénommé : Guillaume Taillefer de Pouzauges (985 - ?) épousant en 1014 - Dame Mahaut de Mortagne du Puy du Fou (990 - ?) Par la suite le nom du Puy du Fou deviendra le nom de famille des enfants. Renaud 1er (1140-1170) premier Seigneur reconnu comme occupant des lieux serait-il vraiment le fruit de cette lignée… ? Le seul souci, c'est qu'il n'ya pas de connexion familiale entre la branche de "Dame Mahaut de Mortagne du Puy du Fou" et la branche de "Renaud 1er." Dans d'autres écrit, nous retrouvons aussi un dénommé Wilhem de PEUDUFOU. Mais qui est ce Wilhem ? Est-il un homme d'église ? Nous savons qu'un "Wilhem de Peudufou" a été Evêque de Poitiers Le nom de Wilhem de PEUDUFOU est lié avec la fondation de L'ABBAYE CISTERCIENNE DE TRIZAY dont une église était déjà à cet endroit en 1084. C'est en 1117 qu'Hervé de Mareuil, voulant se mettre en règle avec le ciel et assurer son salut et celui de sa famille fonde le prieuré. En 1124, Guillaume, évêque de Poitiers, confirmera que dans l'acte de fondation apparait le nom de "Willemi du Pui dufou". Ce prieuré recevra des terres et des vignes (Le coteaux de Trizay) et à son extrémité de ses limites se trouvent les terres et les vignes de Wilhem de PEUDUFOU. Venant de la charte de fondation du prieuré "Totam quoque terramet vines Willehmi de Peudufou ultra finen abbatiae versus méridiem" Nous savons aussi que Renaud du Puy du Fou allait passer quelques jours de retraite à l'abbaye surtout au moment des vendanges et au soutirage du vin. Tradition de famille en souvenirs de Wilhem. Alors Renaud et Wilhem sont-ils de la même famille ? Toujours est-il que les armoiries de Wilhem (Trois faucons ou merlette et un franc canton carré dans le coin supérieur gauche) seront celles des Puy du Fou jusqu'en 1250. Cet ancien sceau fera beaucoup parler car il ressemble à celui qu'utilisaient les THOUARS lorsqu'ils n'étaient pas encore des vicomtes comme par exemples AIMERY IX. A partir de cette date viendront les Macles d'argent. Est-ce là aussi le fruit d'alliances avec d'autre famille ? Une parenthèse s'impose concernant les Macles. Après recherche dans les vieux livres présents aux archives nationales de France, on s'aperçoit que les macles sont "Or. Cette observation se confirme à plusieurs endroits dans l'église "Notre Dame" des Epesses, où certaines macles sont bien "Or". La première question qui s'impose, pourquoi le changement de couleur….? Curieusement, on retrouve les même Macles d'argent dans une petite ville qu'est CHÊNEE en Belgique. A l'époque, c'était aussi un nœud économique important attestée pour la première fois au XIIème siècle dans une charte, sous l'appellation "Kesneies". Devant toutes ces énigmes, devons-nous revenir aux coutumes de succession de l'époque ? Les armoiries du Puy du Fou se voient partout aux Epesses, tant au château du Puy du Fou qu'à l'église paroissiale et à la chapelle Saint-Jean. Elles sont connues de tous et se lisent ainsi : De gueules (rouge) à trois mascles (losanges évidés) d'argent, posées deux en chef et une en pointe. Ces armoiries semblent signifier que les Puy du Fou n'ont pas été avare de leur sang, qu'ils l'ont versé généreusement sur nombre de champs de bataille, tant et tant que leur bouclier en a été couvert de coups (de gueules) ; qu'ils ont reçu plus d'une blessure dans les combats et leur bouclier plus d'une entaille. Ce que signifient, à proprement parler, les mascles qui meublent leur blason (mascle, du latin, macula, tache, déchirure, entaille, blessure). Ces armoiries étaient jadis timbrées d'un casque, dont le cimier s'ornait d'une "mélusine" pour la raison que voici : " L'estime que les Seigneurs du Puy du Fou ont fait de leurs alliances par mariages avec la Maison de Lusignan leur a fait adopter pour cimier une Mélusine ". Les Puy du Fou ne sont pas les seuls à avoir arboré ce singulier cimier. Plusieurs autres familles du Poitou en ont fait autant, sans beaucoup plus de raisons peut-être ! Dans les derniers temps, au XVIIème siècle, ce cimier se composait d'un aigle en vol, posé sur un casque de marquis sommé de la couronne comtale. Cet aigle portait au bec la bannière des Puy du Fou. Quant aux supports, ceux-ci sont tantôt des aigles, parfois des léopards, mais le plus souvent des anges que, dans ce cas, on appelle des tenants. Ces anges portent la cotte d'armes aux armoiries des Puy du Fou : "Pour marque de leur dévotion et de la confiance qu'ils (les Puy du Fou) ont en leur protection". Les seigneurs du Puy du Fou avaient une devise. Devise laconique et demeurant assez énigmatique : "C'EST A JAMAIS." Devise qui peut vouloir dire qu'une fois qu'ils ont adopté une ligne de conduite, les Puy du Fou ne s'en séparent pas et qu'il n'y a plus à y revenir, que c'est à jamais, enfin ! Interprétée ainsi, cette devise conviendrait assez bien aux Puy du Fou, dont le trait distinctif paraît bien d'avoir toujours tenu, au cours des siècles, une ligne de conduite uniforme et inconditionnelle. Fidélité à Dieu (avec le symbole de l'eau du baptême) et au Roi (engagement au combat pour la liberté). Une fidélité dont ils ne se sont jamais séparés.