La Vendée Retour Retour
Nous savons que le département de la Vendée est une pure "invention" de la Révolution française. Cependant pour mieux comprendre notre histoire, nous essayerons de rester sur cette dénomination et ses frontières. Pas parce que l'Assemblée constituante l'a érigée en département le 26 janvier 1790, mais parce que c'est la Convention qui en a fait un symbole, en 1793. L'Assemblée constituante supprime, ainsi que toutes les autres du royaume de France, la province de Poitou. Initialement il est prévu de découper le Poitou en seulement deux départements, calqués sur le haut et le bas de la province abolie. Mais, le nouveau découpage érige le Bas-Poitou en département de la Vendée, qui en conserve les limites et le haut-Poitou sera séparé en deux parties, les Deux-Sèvres et la Vienne. Mais revenons à la Vendée. Quel nom va-t-on donner à ce nouveau "né" de la Révolution ? Pourquoi ne serait-il pas baptisé, comme la plupart de ses frères, en fonction d'un fleuve ou d'une rivière passant par là ? C'est le cas de tous les départements limitrophes : Loire-Inférieure (devenue Atlantique), Maine-et-Loire, Deux-Sèvres (Nantaise et Niortaise) et Charente- inférieure (actuellement Maritime) ? C'est le cas également de la Vienne, dont l'ancienne capitale du Poitou est le chef-lieu. Les législateurs pensent donc tout naturellement à un fleuve côtier qui coule au milieu du département, de la confluence de deux rivières venant du Bocage, le Grand et le Petit Lay. Le Bas-Poitou devrait devenir le département des Deux-Lay. Mais il y a un problème. Comme le racontera plus tard l'écrivain Jean Yole : "La disgrâce physique trop marquée de deux de ses représentants, fournissant prétexte à jeux de mots, y fit renoncer". Le choix se porte alors sur une modeste rivière qui coule au sud du département pour se jeter dans la Sèvre Niortaise, et qui présente l'avantage aux yeux des députés fontenaisiens de traverser leur ville. Adjugé ! La Vendée est née. 7 novembre 1793 : Département Vengé. Entre 1793 et 1795, la Vendée est nommée Vengé. La Vendée porte à cette époque le n° 79. Parler de génocide vendéen était et est pourtant justifié. C'est Bertrand Barrère qui demandait à la tribune, en avril 1793, d’exterminer les Vendéens, répondant à trois lois votées à l’unanimité par la Convention, cette assemblée de furieux : La loi du 1er août 1793 qui " conceptualise l’anéantissement matériel de la Vendée et la déportation des femmes, des enfants, des vieillards". La loi du 1er octobre 1793 qui a pour objectif de "régler définitivement la question vendéenne". La loi du 8 novembre 1793 qui "débaptise la Vendée, laquelle devient le département Vengé". Cette dénomination imposée par décret de la Convention à la fin de l’année 1793 devait effacer de la mémoire des hommes celui de "Vendée", entaché de tous les crimes aux yeux des révolutionnaires. C'est le 18 brumaire an II (8 novembre 1793), que la Convention nationale vote un "décret relatif au ci-devant département appelé la Vendée, lequel se nommera désormais le département Vengé" (article Ier). Au même moment, plusieurs communes ou lieux vendéens sont rebaptisés. Le texte prévoyait d’autre part de confisquer tous les biens des rebelles pour les distribuer aux patriotes locaux (article IV), mais aussi aux réfugiés républicains venus des frontières de l’Est (article V) et aux familles pauvres, que les autres départements étaient invités à envoyer en Vendée pour y recevoir une propriété (article VI). Ce nom de "Département Vengé" n’a guère connu de succès dans la pratique, pas plus que les noms déchristianisés des communes vendéennes. On le trouve cependant sur quelques cartes, extraite d’un triptyque "des départements Vengé, des Deux-Sèvres et de la Vienne". Cet événement est un des épisodes de la Guerre de Vendée, commencée en 1793 opposant le pouvoir central et une région le vote par la Convention nationale d'une levée en masse de 300 000 hommes pour combattre les ennemis de la Révolution française, le 24 février 1793 provoquant ainsi un soulèvement populaire. La Vendée, une région essentiellement rurale, ne se réduit pas à une simple opposition entre campagne de l'intérieur et côte. De même, cette terre, ensanglantée par les luttes fratricides entre bleus et blancs, est le produit d'une tradition séculaire dont chaque hameau et chaque métairie portent la marque. Il y a, dans l'architecture rurale du Bas-Poitou, une certaine permanence des modes, des recettes, qui constituent l'un des traits fondamentaux de ce pays. Le Bocage englobe la majeure partie septentrionale du département. Dans cette contrée humide et austère, les roches cristallines dominent, essentiellement les granits gris ou rose, les schistes, ardoisiers ou micaschistes, qui contribuent à donner à l'habitation du "Bocquin" une tonalité sombre, que vient parfois égayer, dans les marches méridionales, l'emploi ponctuel de pierre calcaire claire provenant de la Plaine, notamment pour les éléments architectoniques. Cette partie de la Vendée est celle qui reste la plus attachée au souvenir des guerres de Vendée. Longtemps pauvre, cette région n'a connu un certain essor qu'au siècle dernier. Pays de grandes propriétés, le Bocage est pourtant très morcelé en petits hameaux, et en unités d'exploitation isolées, perchées sur un replat ou un mamelon ensoleillé. La ferme ou la métairie du Bocage est généralement constituée par un ensemble de bâtiments ordonnés autour d'une vaste cour, parfois fermée par un porche traversant le bâtiment principal. La maison d'habitation, qu'elle soit isolée ou prise dans un ensemble, a souvent un volume important, avec ou sans étage. Le plan en est simple, quadrangulaire, avec parfois une aile plus basse en retour, prolongée par un hangar ou une cave. Les ouvertures sont rares et étroites, surtout dans le Haut-Bocage, et il n'est pas rare de rencontrer des logis dont seule la façade regardant le soleil soit percée de fenêtres. Cette parcimonie dans l'aération des façades, alliée à l'absence quasi générale d'éléments d'architecture noble tels que corniches saillantes, linteaux ou jambages ornés, contribue à donner à l'habitat rural "bocquin" un aspect fruste et monolithique. Seule la tuile canal, appelée en Vendée "tige de botte", donne à ces constructions de moellons de schistes équarris une touche colorée. Cette tuile canal est le plus souvent posée directement sur les têtes de murs-pignons sans déborder. Ce n'est que vers la fin du siècle dernier que l'on a construit des fermes débordantes destinées à évacuer l'eau de ruissellement loin des murs. Les bâtiments composant l'exploitation sont généralement de plan très simple, généralement rectangulaire. La grange est vaste et elle a souvent été augmentée d'un appentis servant de remise à outils, cellier et de l'autre côté, se trouvent les toits à cochons. Ces modes de construction du Bocage sont vraisemblablement anciens et se sont maintenus jusqu'à l'aube de notre siècle. Mais repartons encore en arrière…. bien en arrière. Lors de la formation de la Terre, et durant des millénaires, notre globe fut un magma informe d'eau et de terre, surtout d'eau, seuls quelques sommets émergeaient, comme le Mont des Alouettes, le Mont-Mercure, le Puy-Crapaud, et aux Epesses, la Butte du Moulin, qui est à environ 255 mètres au-dessus du niveau de la mer. Puis les eaux se retirant, vint le premier homme, il y a de cela environ deux millions d'années. Et après plusieurs périodes de glaciation, par suite du plissement du sol, la région prit peu à peu sa forme actuelle. Ces premiers hommes se fixèrent vers Mallièvre, Saint-Laurent, Mortagne, Tiffauges et aussi les Epesses. Comme l'eau était nécessaire à leur survie, ce fut sur les bords de cette rivière de vie "LA SEVRE" qui borde une prairie des Epesses, qu'ils construisirent leurs premières habitations. On en retrouve les traces dans la plupart des replis de cette rivière. Puis, entre un million et cinq cent mille ans, ils découvrent le Feu et les premiers hommes l'adorèrent. Ce fut la grande découverte de la Préhistoire, qui modifia radicalement leur mode de vie. De nomades, ils devinrent sédentaires et de chasseurs, agriculteurs. Ensuite, environ dix mille ans avant Jésus-Christ, ils creusèrent leurs premières habitations souterraines, les Souterrains-Refuges. On en a retrouvé, aux Epesses, au village du Coudrais et sous la maison Saint-Jean, près de la chapelle de ce nom. De six mille à deux mille cinq cents ans avant notre ère, ce fut la grande révolution agricole qui fit des chasseurs de la pierre polie, les premiers agriculteurs. Ils construisirent leurs premières huttes de bois et de torchis, aux toits de paille. Ils apprirent à vivre en communauté, ce fut alors l'apparition de leurs premières agglomérations, bien modestes, telles le Bourg-Bérart et les Epesses. Toutes deux situées en bordure de ces pistes préhistoriques, devinrent chemins gaulois, plus tard voies romaines et en notre XXème siècle, toujours aux mêmes endroits, chemins vicinaux et départementaux. De vieilles rumeurs disent que le conquérant romain ne s'installa pas en "Vendée", car trop près des côtes de l'océan, par où venaient les pillards normands ? Ces rumeurs semblent infondées car si l'on se penche sur notre lointaine histoire, on rencontre leurs traces à chaque pas. En l'an 50 avant notre ère, Jules César, le conquérant romain se lança à l'assaut de la Gaule, on trouve ses traces à chaque pas le long de nos vieilles pistes néolithiques. Mais la proximité du rivage océan, par venaient les pirates se lançant eux aussi à la conquête de nouvelles terres à piller, empêcha les Romains de se lancer dans de grandioses réalisations architecturales, comme dans le Midi. Il faudra attendre le 2ème siècle pour voir s'élever des stades "stadium" tel que celui du Grand Parc du Puy du Fou. Mais ils construisirent des Plessis, des Châtelets, le long de ces vieilles pistes, nombreuses à traverser le Haut Bocage. Le haut bocage vendéen est une terre gallo-romaine. La vieille route de l'Étain passait déjà au Puy du Fou, venant de la côte atlantique pour aller vers Lyon, la capitale de la nouvelle conquête. Cet étain, qui sous forme d'énormes lingots était transporté à dos de mulets, et qui passait près du Puy du Fou. II faut se rappeler que les bourgs ruraux prirent naissances dès le 3ème siècle, ou autour d'un sanctuaire, ou autour d'un lieu de rassemblement, de croisement. Pour les lieux de croisement, il faut se reporter à l'âge du bronze, qui s'étend en Europe du 8ème au 9ème siècle avant Jésus-Christ. Pour fabriquer ce bronze, il a fallu mélanger l'étain au cuivre déjà connu. L'étain dont les grands gisements se trouvaient en Europe de l'Ouest, en Cornouailles, en Morbihan, en Loire-Atlantique. Les mines d'étain de Bretagne étaient connues depuis la plus haute antiquité. Les navigateurs de Thrace, de Macédoine voire les Scythes s'y ravitaillaient. Cet étain n'existe pas à l'état pur, mais sous forme de minerai : la cassitérite, dont on l'extrait par fusion. Et pour transporter cet étain breton, sous forme d'énormes lingots, vers la Méditerranée, deux pistes traversaient le Poitou. Celle qui nous intéresse, venant de la côte océane passait par le Boupère, La Croix Barra, Saint-Mars-la-Réorthe, La Chouinière, La Grange, Le Puy du Fou, le grand centre du Bourg-Bérart, Rocheneuve et vers Mortagne et allant vers la Loire. Au Bourg-Bérard, deux chemins très importants s'y croisaient : l'un allait de Poitiers à La Garnache, l'autre des Herbiers à Mallièvre et Mauléon. Le long de ces routes se trouvaient des bourgades fortifiées d'enceintes de palissades. Les guerriers s'y réunissaient, les grandes assemblées s'y tenaient. D'autres routes remontaient vers le nord, vers la Loire.