Nous sommes à la veille de la Grande Révolution Française, de sourds grondements l'annoncent, c'est un monde qui va basculer et Louis Isaac de Marconnay (1755- 1796) ne possédera pas le Puy du Fou très longtemps. Dés le début du soulèvement de Vendée, le château se trouve au centre de la région tenue par les blancs. Avec la "Virée de Galerne" (16 octobre au 23 décembre 1793), la situation va évoluer très vite évoluer. Le 8 novembre 1793, le citoyen BARON rentre et investit la commune des Epesses. Avec ses hommes, il capture une trentaine d'homme coupable d'avoir prit les armes contre la République. Dans la foulée, il perquisitionne le Puy du Fou à la recherche du sénéchal Girault qui a juste le temps de s'enfuir. Le nouveau seigneur était le 10 mars 1755, d'une vieille famille Bas- Poitevine, dont une branche possédera la Débutrie, en Rochetrejoux. Il avait épousé cinq ans avant son acquisition du Puy du Fou, Louise de Badier. Il entra dans d'armée Royale comme tous les nobles, participa en 1789 aux Elections pour les Etats Généraux. Ensuite répondant à l'appel des Princes, frères de Louis XVI ( 1754-1793), part en Emigration pour rejoindre le Comte d'Artois, le futur Charles X (1757-1836). Louis de Marconnay fit la Campagne de 1792, passa en Angleterre et de là, tenta de rejoindre les Chouans de Bretagne. Il fut tué dans un obscur combat en 1796, et sa veuve se trouvant à Londres, recevait une lettre datée du 10 avril 1796, dans laquelle son correspondant écrivait : "Sur cent cinquante qui sont passés ici, il y en a cent qui voudraient n'y être jamais venus". Avant   d'émigrer et même avant d'en avoir terminé avec le paiement du Puy du Fou, Louis de Marconnay revendit ce domaine, le 17 janvier 1791, pour 882.400 livres à Clément-Charles-François de L'Averdy (1723 1793), Contrôleur Général des Finances, protégé de Madame de Pompadour (1721-1764). Clément-Charles-François de L'Averdy fut victime de la Terreur. On l'accusa d'avoir, comme Contrôleur des Finances, été l'un des instigateurs du fameux "Pacte de Famine" destiné suivant les Révolutionnaires, à affamer le peuple, et d'avoir, pour augmenter la disette, détourné d'énormes quantités de blé, qu'il aurait fait jeter dans les étangs de sa propriété de Gambais. Il fut arrêté, jugé et guillotiné le 23 novembre 1793. Mais fait curieux, de L'Averdy ne figure pas dans le contrat d'acquêt (Biens acquis au cours du mariage et appartenant aux deux époux) du Puy du Fou, du 17 janvier 1791. Ce fut un de ses gendres, le marquis de Belbœuf qui fut porté comme acquéreur. Monsieur de L'Averdy eut trois filles : 1°) Catherine-Elisabeth, mariée à Arnault de la Briffe, 2°) Angélique, mariée à Louis-François Godard de Belbœuf (1757-1832), 3°) Mélanie, épouse de Louis Henri de Sesmaisons (1751-1830) , explorateurs, comme nous l'avons déjà écrit, des soi-disant souterrains du Puy du Fou après la Révolution. De L'Averdy ne résidait pas au Puy du Fou, mais au château de Gambais, près de Montfort l'Amaury. Pendant ce temps-là, le Puy du Fou était habité et administré par deux hommes totalement différents : le Sénéchal et le Notaire. Le Sénéchal était un officier féodal ou royal et rendait la Justice dans toute l'étendue de la Baronnie et administrait les domaines de son Seigneur. Depuis 1780, c'était Charles-Joachim Girault de la Limouzinière qui remplissait ces fonctions. Le Notaire était Gabriel-Vincent Chenuau (1755-1821) . La Guerre de Vendée fit de ces deux hommes, des ennemis. Le premier, Charles-Joachim Girault de la Limouzinière était en 1742 à La Ferrière, près de La Roche sur-Yon et avait épousé le 9 mai 1780 au Tallud-Sainte- Gemme, Jeanne-Charlotte Merlet, de Saint-Paul-en Pareds, sœur de Merlet qui fut Préfet de la Vendée à la fin de la Révolution, et vint cette même année 1780 s'installer au Puy du Fou dont il devint le Sénéchal. Les Girault appartenaient à cette bourgeoisie vendéenne que nous retrouvons en ce Haut-Bocage exerçant de multiples charges de judicature (chargé de rendre la justice) . Quand éclata l'Insurrection Vendéenne, Girault opta résolument, dès le premier jour, pour le mouvement insurrectionnel. Il s'efforça de protéger le domaine du Puy du Fou de la rapacité de Chenuau. Dès 1793, il fit partie du premier, puis du second Comité Contre-révolutionnaire des Epesses, mis en place par l'Etat-major des Armées Vendéennes. Au sein de ce Comité, il prendra des initiatives qui lui vaudront la haine du suivant. Gabriel Vincent Chenuau (1755-1821), notaire du Puy du Fou, était aux Epesses en 1776, de René Vincent Chenuau, notaire et procureur de la Baronnie des Epesses, et épousa Charlotte Martineau, parente du célèbre proconsul qui révolutionna Saint-Fulgent. Dès le début, Chenuau se lance à fond dans les idées révolutionnaires, multiplie les persécutions contre les habitants restés fidèles à leur Religion. Il devint aux Epesses, l'émule du proconsul Jean-Baptiste Carrier (1756-1794), de Nantes, et ses victimes y furent nombreuses. Pendant que sa fortune à la faveur des acquisitions des Biens Nationaux, devint considérable. Parmi ses victimes, il faut compter Charles-Joachim Girault, de la Limouzinière, dernier sénéchal du Puy du Fou. Si bien que lorsque l'insurrection éclata, il fut pris par les Vendéens et emprisonné aux Herbiers. Là, Charles-Joachim Girault et cinq autres Membres du Comité Royaliste des Epesses, Fuseau, Rayneteau, Lerin, Brondit et Brousseau, forcèrent Chenuau à leur remettre la somme de 10.440 livres, provenant de la vente faite par lui, de biens et objets mobiliers saisis nationalement sur Joseph-Gabriel Grignon (1735-1805), marquis de Pouzauges. Somme qu'ils remirent au Général de Donissan (1737-1794), commandant en second de l'Armée Vendéenne. Il réussit après cette restitution forcée à obtenir sa liberté. Il se réfugia avec sa famille, sous la protection de l'Armée Républicaine cantonnée à La Châtaigneraie. Là, tant son zèle révolutionnaire était grand, qu'il réussit à se faire élire Administrateur du District de La Châtaigneraie. Girault, jusqu'à la fin de 1793, officiellement, puis clandestinement, continua à administrer le domaine du Puy du Fou, mais Chenuau ne pardonnait pas cette restitution forcée des 10.440 livres que Girault et les habitants des Epesses considéraient comme de l'argent volé. Nous arrivons au temps des JUGEMENTS et EXECUTIONS Dès le début de novembre 1793, alors que l'Armée Vendéenne bataillait Outre-Loire, les révolutionnaires locaux demandèrent aux troupes républicaines cantonnées à Cholet d'opérer une descente vers les Epesses afin de purger cette commune des éléments contre-révolutionnaires. Le 8 novembre, le citoyen-lieutenant Baron, Garde-magasin de la garnison de Cholet répondant à leur appel était aux Epesses et Chenuau lui remit une liste de 26 habitants de cette commune que Baron fit arrêter immédiatement. Sur cette liste figurait le Sénéchal Girault. Ces 26 habitants, sauf Girault, qui réussit à se cacher, furent envoyés à la Commission Militaire de Saumur qui les jugea et les fit exécuter. Et le 13 novembre 1793, Chenuau écrivait à Baron de retour à Cholet : "Il nous faudrait encore Girault. On m'a assuré qu'il était caché à la métairie de Roche-Neuve, commune de Saint-Malo-du-Bois ...". Mais Girault était introuvable. Une de ses cachettes était la métairie de la Garouflère sur la route d'Ohambretaud, non loin du Puy du Fou, qu'il administrait toujours. Pendant que Chenuau régnait en maître sur le territoire des Epesses, les sinistres Colonnes Infernales lancées contre la Vendée par la Convention apeurée, commençaient leur œuvre de destruction. L'une de ces Colonnes, celle de Boucret venant de Mallièvre et des Châtebliers Châteaumur, envahit les Epesses au soir du 26 janvier 1794, sous la pluie et la neige. Le lendemain et les deux jours suivant, aux Epesses on tue, on viole, on incendie, on jette même les femmes et les enfants dans des fours enflammés. Et le Puy du Fou subit le sort commun. De la Garouflère il se cachait, le sénéchal Girault pouvait contempler avec douleur l'incendie dévorer le beau domaine qu'il administrait. Nous arrivons à l'incendie du château. Certains ont écrit que le riche mobilier du château devint à cette occasion, la proie des flammes. Rien ne prouve qu'il fût meublé à cette époque. Un nouveau propriétaire venait de l'acquérir. Il n'y vint probablement jamais et n'eut certainement pas le temps de le meubler. Ce fut probablement un château vide qui flamba. Monsieur de L'Averdy résidait en son château de Gambais et à Paris où l'appelaient de multiples charges. Et puis le Puy du Fou ne brûla qu'en partie. Certainement le grand corps de logis aujourd'hui en ruines, mais pas l'aile gauche. Et même le Chartrier (collection des documents) , les titres de propriété, les livres de comptes du domaine restèrent enfermés dans des placards, dans le pavillon du XVème siècle qui se trouve à l'extrémité de l'aile dite de l'Orangerie et ce jusque vers 1949 date de leur transfert aux Archives Départementales de la Vendée. Charette et Sapinaud à la tète des quelques hommes restés au pays ou revenus d'Outre-Loire, s'opposèrent vigoureusement aux Colonnes Infernales. Un peu de tranquillité régna de nouveau sur le Bocage et Charles-Joachim Girault reprendra peu à peu ses fonctions de Sénéchal du Puy du Fou. Le 27 mai 1794, il s'occupait encore de l'administration du domaine. Pas pour longtemps, car au cours d'une expédition des amis de Chenuau dans le bourg de Chambretaud, Joachim Girault était massacré. La date exacte, on ne la connaît pas, mais son décès est mentionné sur la liste des victimes établie le 19 juin 1794, par l'abbé Gabard, curé de Chambretaud. Ce fut le dernier Sénéchal du Puy du Fou, et l'année suivante, le nouveau propriétaire envoie de sa Normandie, un régisseur, Gilles Benoit Lelièvre, qui devint parent et ami de Chenuau (1755-1821). Et là, ce qui prouve que le Puy du Fou ne fut pas totalement incendié par la Colonne Infernale de Boucret, ce fut la construction ordonnée par le marquis de Belbœuf pour loger Lelièvre, d'une petite maison à l'extrémité du grand corps de logis. Elle était presque terminée, lorsque celui-ci arriva au Puy du Fou et voyant que l'aile gauche n'avait pas été détruite, préféra y aménager son logement, qui fut celui de tous ses successeurs, jusqu'au milieu du XXème siècle. Puis pendant les derniers soubresauts de la Vendée, le Puy du Fou fut le théâtre d'un combat entre Vendéens et Républicains. Le général Travot écrivait le 9 novembre 1799, que la Guerre de Vendée était terminée. C'était faux puisque le dernier épisode se déroula au Puy du Fou. Les armées vendéennes avaient été écrasées aux Aubiers et seul Joseph-Gabriel- Toussaint Grignon, marquis de Pouzauges, dernier chef de l'Armée du Centre, continua la lutte. A la tête de huit cent hommes, le 13 novembre 1799, il battra à plates coutures à La Flocellière l'armée républicaine cantonnée à Pouzauges. Le lendemain, il se dirige vers le Puy du Fou en passant par les Epesses. Les républicains battus la veille à La Flocellière, renforcés d'une petite troupe venue de La Châtaigneraie, le poursuivent. Grignon a laissé une douzaine d'hommes aux Epesses avec mission d'attirer les ennemis sur le gros de sa troupe embusquée dans les bois du Puy du Fou. A la vue des Républicains, les hommes de Grignon s'enfuient. Les premiers les poursuivent et tombent dans l'embuscade tendue par les Vendéens dans le bois du Puy du Fou. Ce combat dure environ un quart d'heure, mais une trentaine de Bleus, dont le capitaine qui les commandait sont tués, les autres s'enfuient. Ce fut la dernière victoire Vendéenne. Les amis de Chenuau diront plus tard que les Bleus faits prisonniers, furent massacrés par les Vendéens dans le bourg des Epesses. Quatre jours plus tard, le marquis de Grignon tombera dans une embuscade au bourg de Chambretaud. La Guerre de Vendée était terminée. Et la vie reprit peu à peu au Puy du Fou. Clément-François-Charles de L'Averdy (1724-1793), le guillotiné du 23 novembre 1793 avait eu trois filles, dont l'une mariée en 1783 au marquis Louis-François Godard de Belbœuf (1730-1808), qui ayant servi de prête-nom à son beau-père pour l'achat du Puy du Fou, devint peu à peu, par suite de rachats à ses sœurs : Mesdames de la Briffe et de Semaisons, l'unique propriétaire du domaine. Les Belbœuf habitaient le château du même nom près de Rouen et une active correspondance s'échangeait entre eux et le régisseur Lelièvre. Il y est question de fermages qui rentrent peu, de la restauration des métairies endommagées par la Guerre de Vendée : le Grand Bignon, la Garouflère, la Ménantrie, la Jaubretière, le Pressou, Yagues, le Fossé. Devenu inutile, restreint à un rôle de symbole déformé dans l'esprit des volontaires parisiens, le château ne pouvait être qu'une cible facile et sans grand danger pour les incendiaires. Puis, destin commun aux chefs-d'œuvre en péril, il offrit ses cicatrices aux villageois ayant leur foyer à construire ou à reconstruire. Triste dépeçage justifié par les nécessités d'un pays exsangue aux survivants hagards. Mais les Vendéens, peuple secret, peuple généreux et méfiant, se renfermeront derrière une pudeur qui en fait des géants et ne parleront plus de ce qu'ils n'oublieront jamais. La nuit du 24 au 25 janvier 1799, sous l'effet d'un tremblement de terre, ces pavillons se sont écroulés comme de nombreux édifices, églises et autres ébranlés en Vendée. En 1810, M. Poëy d'Avant (1792-1864), visitait ces ruines et il y voyait quelques vestiges de tours qu'il nommera 'Pavillon anglais", ou Pavillon de renaud du Puy du Fou". Pavillon "anglais", pavillon de "Renaud du Puy du Fou", mais pourquoi ? Peut-être en raison de la démolition du Vieux Puy du Fou par les Anglais. Peut-être aussi du fait que bon nombre de matériaux de ce Vieux Puy du Fou, probablement construit par Renaud, servirent à la construction de ce nouveau château. Comme il est dit en plusieurs aveux, notamment en celui du 9 janvier 1784, rendu à Mortagne pour le Vieux Puy du Fou et ses dépendances "Lequel dit chasteau nouveau a été bâti et construit d'après les démolitions dudit vieux château du Puy du Fou". Il en reste aussi le bâtiment carré, qui se voit en entrant dans la cour du Puy du Fou; à gauche, flanqué de deux tours à pans coupés. L'une renferme un escalier desservant les étages. Ce bâtiment fortement remanié conserve sa porte en plein cintre, et à l'intérieur, un ou deux corbelets (pièce de bois ou de pierre en saillie sur un mur) semblant provenir de l'ancien château. Le mur semble avoir été refait à une époque relativement récente. A l'intérieur, dans un angle, une porte dont la feuillure prouve qu'elle devait desservir une partie de bâtiment aujourd'hui disparue. Puis une génoise (fermeture d'avant-toit formée de plusieurs rangs pour éloigner les eaux de ruissellement de la façade) faite de tuiles renversées, doit dater de la restauration survenue après le tremblement de terre ce 1799. Une partie des murs de la grande galerie proviennent probablement du château du 15ème, comme la petite tour carrée à mâchicoulis, qui se trouve près du portail actuel et l'éparons de l'angle extérieur Sud-est, qui ont toutes les apparences des constructions du 15ème siècle. Ce château devait être doté de souterrains, comme tous les châteaux défensifs de cette époque. L'un d'eux traverse la cour, allant du grand corps de logis vers le porche d'entrée de la cour. Tout un réseau d'égouts, de passages souterrains passe sous les bâtiments actuels et semble aboutir à la dénivellation de terrain bordant la grande galerie à l'extérieur. Certains écrits mentionnent deux souterrains dont l'un se dirigerait vers l'Ouest, l'autre vers l'Est. Mais cela est une autre histoire. P. Lelièvre y découvrait la base de quelques tours "dénotant l'architecture militaire du Xème ou du XIème siècle. Pendant un siècle et demi, les murs du Puy du Fou braveront un destin scellé d'avance. Le 30 août 1813, Monsieur de Belbœuf écrit : "Je n'ay pas vu la grande armoire du Puy du Fou. Je vous exhorte à avoir bien soin des papiers, de l'ouvrir dans les beaux temps, pour les bien sécher et conserver...". Son beau-frère, Monsieur de la Briffe étant devenu veuf, Madame de Belbœuf écrit à Lelièvre : "Monsieur de la Briffe est remarié à Mademoiselle de Canclaux ... Elle est riche aujourd'hui et le sera encore beaucoup plus à la mort de son père qui a 76 ans. L'auteur a été général de la République dans la Vendée. Avez-vous quelques moyens de savoir comment il s'y est conduit, ceci pour moi seule...". Canclaux (1740-1817) fut un adversaire acharné des Vendéens. Du mariage Belbœuf - de L'Averdy naquirent quatre enfants dont Antoine-Louis-René- Joseph, et Augustine-Elisabeth, qui épouse en 1818, Alexandre Huchet de Quennetain. Ils se partagent le domaine du Puy du Fou et en 1851, Antoine Godard de Belbœuf vend sa part, soit le Puy du Fou, les ruines du château de Mallièvre et une dizaine de métairies aux alentours, à son neveu Ange Louis-Alexandre Huchet de Quennetain. C'est ce dernier qui entreprit la restauration du château. Il fit reconstruire la salle des gardes, la chapelle et le grand degré, en confia l'exécution à un architecte nantais, Monsieur Fraboulet, qui ne respecta pas le plan primitif, puisqu'il ajouta à ce bâtiment, sur l'arrière, un pavillon supplémentaire et une haute toiture d'ardoises. Il s'y ruina presque, puisqu'à l'époque ces travaux lui coûtèrent plus d'un million, somme énorme pour le temps, mais cette partie était sauvée de la ruine. En 1881, Octave de Rochebrune (1824-1900) voyait lui aussi une forme carrée avec tours aux angles, et les traces de deux fossés concentriques, dont le second pouvait se remplir d'eau à volonté au moyen d'une chaussée. En 1892, l'abbé Pondevie, auteur des Chroniques Paroissiales du Diocèse de Luçon, écrivait : "C'est une enceinte en forme de carré long irrégulier, avec tours aux angles. Elle semble être du XIIIème ou du XIVème siècle. Un premier fossé l'entourait, plus bas un système défensif était complété par un second fossé, plus large, rempli d'eau à volonté au moyen d'une chaussée ". Le Puy du Fou resta dans la famille de Quennetain jusqu'en 1949, date à laquelle il fut vendu à Maître Savard, notaire à Bressuire. Il fit de nombreux aménagements pour rendre l'aile gauche habitable et remit en eau le grand étang dans lequel se reflète la façade arrière. Il rétablit l'étang à la place qu'il occupait au pied de la terrasse. La cour d'honneur est réhabilitée et une partie du bâtiment est remis à neuf pour y être habités. En 1962, le château sera, Louis Savard, sous l'impulsion de classer comme monument historique. En 1974, sous l'impulsion de Jacques De Villiers, il fut acquis par le Département de la Vendée en fit le Centre Culturel de la Haute-Vendée. La restauration est entreprise. Le Puy du Fou est sauvé et voilà terminée l'histoire de ce haut-lieu, depuis la nuit des temps jusqu'à nos jours. Il faut attendre l'année 1977 (année de mise en vente du château), pour qu'il soit remarqué par un architecte des Bâtiments de France qui en signala l'intérêt au Conseil général de Vendée. A cette date, le Puy du Fou est une carcasse décharnée. D'un aspect imprévu, le château enchante l'œil. Face au couchant, des pans de murs ruinés baignent dans des flaques de boue. Le granit roux des Mauges aux gros grains de mica, les tuiles creuses, les briques roses, donne à l'ensemble une allure sobre et élégante. Les tons pastel des tuiles et des briques tranchent habilement sur le granit. Et lorsque le soleil, dans un ciel bleu de mer, éclaire sa façade, le Puy du Fou rayonne de pureté. Les blocs de granit s'écartent sous la pression des racines sauvages et des paquets d'herbes folles. Sur les caissons Renaissance, une pellicule verte, algue ou champignon, retenait une humidité sournoise qui pénétrait la pierre. La grande cour intérieure donnait des allures de grosse ferme. Les blocs de granit s'écartaient sous la pression des racines sauvages et des paquets d'herbes folles. Lente érosion des souvenirs et des pierres, jusqu'au jour où en 1978, une nouvelle aventure attend le château dont le nom secret provoque à lui seul l'enchantement. Le 13 juin 1977, un jeune homme de vingt-sept ans frappe à la porte de l'aile gauche du château et Gustave, le régisseur, lui ouvre la porte de ce qui deviendra la toile de fond du plus beau spectacle au monde (la cinéscénie). Une multitude d'actions et de créations allait éclore spontanément du savoir faire des acteurs du "Spectacle du Puy du Fou", car le creuset est né dans les textes et les images de ce fils du pays, Philippe de Villiers, et grâce à l'Association pour la mise en valeur du château et du pays du Puy du Fou. Les répétitions de 1978 prouvaient immédiatement qu'un nouveau mode d'expression est né. Il s'appellerait "Cinéscénie", cinéma vivant de plein air, en direct, animés par des acteurs qui se souviennent et refont les gestes de leurs anciens. Fêtes et labeurs autour des quintaines du Moyen Age, danses et travaux des champs le long du passage légendaire de François Ier au château, saines colères pour la liberté de croire et de penser, modernismes et guerres mondiales. Fil conducteur, témoin immuable de tous les temps : le paysan vendéen, Jacques Maupillier. Un symbole parmi des millions d'ancêtres, hier la faux à la main et aujourd'hui manipulant des amplificateurs, des lasers, des jets d'eau ou de géantes brioches. Mais revenons un court instant à François 1 er du Puy du Fou et à Anne BOUER. Tout deux ont eu sept enfants dont Catherine du Puy du Fou qui se maria le 5 septembre 1516 avec un certain "Robert II de Villiers", branche portant le nom qui s'éteindra en 1833. Probablement un petit clin d'œil de l'histoire !!
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