Premier Royaume. Retour Retour
Vers 482, lors de son accession au trône, Clovis n'est guère plus qu'un chef franc parmi d'autres. Un roi des Francs saliens, peuple germanique qui règne sur le nord de la France et sur une partie de la Belgique et de l'Allemagne actuelles. De Clovis, nous ne savons pas grand-chose. Il est probablement né vers 466 et serait donc devenu roi à 15 ou 16 ans. L'Empire romain s'est effondré il y a peu, mais en Gaule, cela fait longtemps que l'autorité de Rome n'était plus que théorique. Les nombreux peuples germaniques qui ont déferlé sur le Rhin, Francs, Burgondes, Wisigoths, Alamans, Ostrogoths, se sont installés et ont obtenu de l'empereur le statut de "fédérés", peuples alliés de Rome chargés de défendre son territoire face aux envahisseurs en échange de terres. Livrés à eux-mêmes, ils se mènent une guerre impitoyable pour obtenir la domination sur l'ancien territoire de la Gaule. Et ce sont donc les Francs, contre toute attente, qui vont l'emporter, grâce à un jeune roi fougueux, Clovis. Fougueux et habile, car sa conversion au christianisme lui permet de gagner de nombreux appuis, à commencer par celui de l'Église, une entité très puissante. Vainqueur des Alamans et de Syagrius, qui se présentait comme le successeur des Romains, il étend peu à peu son territoire jusqu'à la Loire, puis son emprise vers le sud et chasse les Wisigoths au-delà des Pyrénées. Mais à sa mort, vers 511, conformément à la tradition, ses quatre fils se partagent son royaume. Le règne de Clovis s'achève en apothéose. Il n'a essuyé que peu d'échecs militaires et a acquis par la conquête un domaine royal étendu, qui recouvre les trois quarts de la Gaule antique. Pour le renforcer, il s'est appuyé sur les couches dirigeantes gallo-romaines et a assuré la pérennité de l'administration romaine. Le rapprochement entre Barbares et Gallo-Romains s'est accompagné d'une union entre le trône et l'autel qui fait des évêques des soutiens du régime. La monarchie franque, centrée sur une nouvelle capitale, Paris, est crainte et respectée, et reconnue par l'empereur d'Orient.